Prise en charge de la spondylarthrite

Il n’y a présentement pas de cure pour la spondylarthrite mais avec une prise en charge de la maladie dans les stades les plus précoces possible; les patients peuvent mener des vies remplies et gratifiantes.

La prise en charge de la spondylarthrite se divise en deux catégories : la thérapie pharmacologique (médication) et l’activité physique. Dans certains cas, la chirurgie peut être considérée comme une option avantageuse.

Thérapies pharmacologiques

Le traitement de première ligne pour la spondylarthrite sont les AINS. Plusieurs patients répondent bien aux AINS, mais si les AINS seuls ne soulagent pas les symptômes, il y a des médicaments relativement nouveaux (introduits pour la première fois en 1998, aux États-Unis) ils sont nommés médicaments biologiques ou agents inhibiteurs de TNF (TNFi) ou inhibiteur de facteur de nécrose tumorale. Ces médicaments peuvent être très efficaces pour la plupart des patients (environ 70%) et ralentir dramatiquement la progression de la maladie.

Médicaments anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS)

Les AINS sont utilisés pour les spondylarthrites axiales et périphériques afin de réduire l’inflammation. Il y a des preuves démontrant que la prise régulière d’AINS peut ralentir la progression de la spondylarthrite ankylosante chez les patients avec des facteurs de risque.

Médicaments anti-rhumatoïdes modifiant la maladie (DMARD)

Pour la spondylarthrite périphérique, les DMARD (Disease Modifying Anti-Rheumatic Drugs) comme la sulfasalazine et le méthotrexate peuvent être prescrits. Les DMARD ont peu ou pas d’effet sur les maladies affectant la colonne vertébrale.

Corticostéroïdes locaux

Les injections de corticostéroïdes locaux peuvent être utilisées pour l’arthrite périphérique afin de diminuer l’inflammation.

Les agents inhibiteurs de TNF ou médicaments biologiques anti-TNF (TNFi)

TNF signifie facteur de nécrose tumorale (Tumor Necrosis Factor), une molécule pro-inflammatoire secrétée par les propres cellules immunitaires d’une personne. Le TNF est secrété de façon inappropriée chez les patients atteints de maladies inflammatoires auto-immunes. Les médicaments TNFi s’attachent au TNF et le neutralisent, réduisant ainsi l’inflammation.

Les médicaments biologiques approuvés au Canada sont légèrement différents les uns des autres, mais ils ont tous environ la même efficacité. Ils sont pris par injection sous-cutanée ou par perfusion intraveineuse.

À mesure que les brevets prennent fin sur les médicaments TNFi, d’autres compagnies fabriquent des médicaments biologiques avec des propriétés similaires. Ils sont nommés produits biologiques ultérieurs (PBU venant de Subsequent Entry Biologics – SEBs). Il est important d’être informé sur les PBU car ils ne sont pas identiques au médicament original d’entrée. Des études comparant l’efficacité et la toxicité du novateur et du PBU peuvent aider à établir les équivalences et révéler les différences s’il y en a.

Analgésiques

Les analgésiques (anti-douleurs) peuvent être prescrits conjointement avec des AINS, des DMARD ou des médicaments biologiques pour aider à soulager la douleur.

Activité physique

On ne peut insister assez sur l’importance de l’activité physique dans la prise en charge de la spondylarthrite. Le mouvement peut soulager la douleur et la raideur. Même un peu d’exercice est mieux que pas du tout à moins d’être au milieu d’une poussée inflammatoire. L’activité physique supervisée ou en groupe est plus efficace qu’à la maison parce que vous êtes plus motivé sous supervision ou dans un groupe.

Faire de l’activité physique signifie bouger. Il y a toujours des étirements que vous pouvez exécuter en position assise ou couchée. Des formes plus actives d’activité physique sont bénéfiques à condition qu’elles soient à faible impact, par exemple, marcher ou nager, et pratiquées sur une base régulière. Il n’y a pas de forme d’activité physique préférable car les bienfaits de toutes les activités physiques sont à peu près les mêmes. Néanmoins, soyez conscient de la nécessité de faire des exercices d’étirements pour maintenir une bonne posture et de la flexibilité. Un physiothérapeute peut vous aider avec un programme d’étirements et d’exercices qui vous conviennent. Des extensions de la colonne vertébrale pourraient réduire les chances de développer une posture voûtée. Même s’il y a fusionnement de la colonne en cours, l’impact sur la posture peut être minimisé grâce à des exercices réguliers d’extension de la colonne.

Si vous débutez un programme d’activité physique, consultez d’abord votre professionnel de la santé. Commencez lentement et arrêtez avant d’avoir de la douleur. Bâtissez votre force et endurance graduellement. Visez des buts réalistes et établissez une routine régulière.

Chirurgie

Chez certains patients, la chirurgie peut être bénéfique. Une posture extrêmement voûtée peut mener à des difficultés de vision et de démarche. Si les vertèbres cervicales ou thoraciques supérieures sont fusionnées et courbées, l’ostéotomie vertébrale (redressement de la colonne) peut aider le patient à mener une vie plus normale.

La chirurgie peut aussi être bénéfique pour stabiliser une fracture ou remplacer une articulation lorsque les patients ont une atteinte significative aux hanches.